Conseil nutrition pour les mamans #10 : manger bio, est-ce important pendant la grossesse ?

Si bébé apprécie son nid douillet pendant 9 mois, c’est grâce au placenta ! Il est en effet le chef d’orchestre des échanges entre votre petit bout et vous. Il lui permet notamment de respirer mais aussi de manger ! Votre sang apporte les nutriments dont bébé a besoin qui, via le placenta, peut ensuite en profiter...

Si bébé apprécie son nid douillet pendant 9 mois, c’est grâce au placenta ! Il est en effet le chef d’orchestre des échanges entre votre petit bout et vous. Il lui permet notamment de respirer mais aussi de manger ! Votre sang apporte les nutriments dont bébé a besoin qui, via le placenta, peut ensuite en profiter à sa guise ! Mais si les nutriments sont échangés, d’autres substances, dont le bébé se passerait bien, le sont aussi… Choisir des produits issus de l’agriculture biologique est donc l’un des moyens de s’en prémunir. Nous vous expliquons tout.

Le bio, quésaco ?

Acheter bio veut dire que vous choisissez des produits issus de l’agriculture biologique, donc cultivés sans l’ajout de pesticides ou engrais chimiques de synthèse. Le bio issu de France se reconnaît grâce au label AB et le bio européen par la petite feuille blanche sur fond vert. Choisir ces produits plutôt que ceux issus de l’agriculture conventionnelle, c’est limiter sa consommation de pesticides que l’on trouve dans tous nos aliments (dans nos fruits, légumes et céréales mais également dans l’alimentation des animaux que nous mangeons), de métaux lourds que l’on trouve essentiellement dans les poissons ou encore d’antibiotiques que l’on trouve majoritairement dans la viande.

Quels sont les effets des substances polluantes ?

Ces polluants sont pour la plupart des perturbateurs endocriniens. Cela signifie qu’ils perturbent le système endocrinien en imitant les hormones. Or les hormones régulent de nombreux mécanismes de notre corps. Par le biais d’un grand nombre d’études scientifiques, on suspecte donc les perturbateurs endocriniens d’engendrer troubles de la reproduction (baisse de la fertilité, malformations de l’appareil génital masculin, puberté précoce des jeunes filles), troubles du métabolisme (obésité et diabète), développement de maladies neuro-développementales (autisme, acquisition du langage, hyperactivité, parkinson) mais également des cancers (prostate, seins, ovaires, testicules). Les perturbateurs endocriniens impactent la maman mais aussi le fœtus qui pourrait en subir les conséquences après sa naissance et même à l’âge adulte.

L’utilisation massive d’antibiotiques fait craindre également une résistance des bactéries aux antibiotiques chez les animaux d’élevage mais également chez l’homme.

Enfin, les produits chimiques dégradent la fertilité des sols et la qualité des eaux avec un impact désastreux sur l’environnement.  

D’où l’intérêt pour tous d’en limiter la consommation…

Que faire si mon budget est limité ?

Le bio est souvent plus cher mais il y a des astuces pour ne pas payer plus : limiter l’achat de produits industriels, faire le maximum de choses maison, acheter directement à la ferme ou via les AMAP (c’est-à-dire des associations établissant un lien direct entre un exploitant agricole de proximité et des consommateurs, généralement sous la forme de paniers que vous vous engagez à acheter par exemple chaque semaine / plus d’informations ici

Si vous avez un jardin et un peu de temps, le top du top reste de cultiver vous-mêmes vos fruits et légumes, ou ne serait-ce que vos herbes aromatiques sur votre balcon !

Il est aussi possible d’acheter en agriculture conventionnelle les fruits et légumes les moins contaminés en pesticides : avocats, ananas, mangues, papayes, kiwis, pamplemousses, melons, maïs, choux, oignons, asperges, aubergines, champignons, patates douces (d’après le livre du Dr Patrice HALIMI, fondateur de l’ASEF (Association Santé Environnement France), dont je vous recommande la lecture : La Grande Détox, comment éviter les poisons du quotidien).

Il est enfin possible d’éplucher tous les légumes issus de l’agriculture conventionnelle mais il faut savoir que les pesticides traversent quand même la peau et qu’il est dommage de vous priver de cette dernière qui concentre souvent fibres et nutriments. Pour rappel, dans tous les cas, et en particulier pendant la grossesse, pensez à bien rincer vos fruits, légumes et herbes aromatiques !

Tous les produits bio se valent-ils ?

Pour manger le « meilleur » bio, c’est à dire celui qui respecte au mieux la santé, l’environnement, le bien-être animal et les conditions de travail, c’est à dire les valeurs fondatrices de l’agriculture biologique, vous choisirez plutôt les denrées locales (vente à la ferme, marchés, magasins spécialisés, commerces de proximité, AMAP), les produits made in France, et les labels comme Nature et progrès, Demeter ou encore Bio cohérence qui sont plus exigeants. Sauf pour les produits qu’on ne trouve pas en métropole (banane, café, chocolat, etc.), on préfère donc le bio local au bio français, le bio français au bio européen, et le bio européen au bio hors union européenne.

Que dois-je craindre si j’ai consommé des aliments non bio pendant ma grossesse ?

Il ne faut pas paniquer car la sérénité est aussi bonne pour la santé qu’une pomme bio et locale ! L’important est toujours de faire de votre mieux selon vos envies et vos possibilités. Manger bio est recommandé pour votre santé mais les effets des substances nocives ne sont pas les mêmes pour tous et d’autres éléments sont à prendre compte (capital génétique, hygiène de vie, etc.). Changer son alimentation est un long processus qui ne se fait pas du jour au lendemain. Prendre conscience est un premier pas, évoluer un peu chaque jour en est un second qui vous emmènera loin ! Et si vous commenciez par renoncer à la tomate d’Espagne vendue en plein hiver dans votre supermarché ?

Caroline Zanger

Conseillère en nutrition, spécialisée dans l’alimentation des futures et jeunes mamans

Vous pouvez prendre rendez-vous avec Caroline sur son site internet (www.nutritiondesmamans.com) et retrouver tous ses conseils en nutrition sur Instagram et Facebook (@nutritiondesmamans).